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Lays Farra

14/01/2015

I’m really tired of those who keep saying ISIS has nothing to do with Islam because it obviously has something to do with Islam. (Iyad El-Baghdadi)

Anti-Muslim bigotry is disgusting, most Muslims are just regular people. But we Muslims need to ask why we’re producing so many terrorists. (ibid.)

On dit souvent que le rôle des historiens des religions c’est d’affirmer aux religieux comme aux athées que les religions sont faites de plus qu’ils ne croient. En exposant la construction complexe de ces structures religieuses, on défierait les conceptions des athées qui n’y verraient que des contes de fée absurde, au-delà de toute explication, tout comme des religieux, qui ne veulent pas connaître les tenants et aboutissants historiques et fonctionnels de leur religion en dehors de leur narratif.

Se battre sur deux fronts est difficile voire impossible, chaque camp répondant à des arguments différents.

Je suis fatigué de la mauvaise foi qui imprègne toute discussion sur l’islam. Le but de 95% des articles sur l’Islam c’est de prouver son innocuité aux bourgeois occidentaux. On va donc louer la « complexité » de la situation, ad nauseam.

Ainsi sur l’homosexualité, les médias américains seraient méchants dit Muftah.

To be sure, discussions about LGBT-rights and the Middle East are complicated and involve a diverse geopolitical terrain, spanning roughly twenty countries and some three-hundred million people. Yet, U.S. media coverage on these issues shows little sophistication. It is next to impossible to find coverage on this topic that, in some way or another, does not make two factually incorrect assumptions: that Islamic texts clearly condemn homosexuality and that homosexuality is illegal in the Middle East.

Operating under these false assumptions, U.S. journalists have  mislead many people  and, even worse, reinforced a dichotomy that allows  extremists groups to capitalize on the social exclusion of gays, perpetuated by Western media sources, in order to advance their claims to representing a more “authentic” version of Islam.

La thèse semble simple : tout le monde prétend que les textes religieux comme la loi interdisent l’homosexualité au Moyen-Orient, or c’est faux. Ca devrait être assez simple à prouver.

Pourtant, avec un seul job à faire, notre destructeur de préjugé parvient à tout foirer. Il va jusqu’à nier la dimension normative de l’islam :

For one thing, it is hard to argue that Islamic texts clearly condemn anything. As any expert of religion would tell you, “Islam”does not say/do/condemn. Semantically, that would require a religion to “speak.”What people often mean when they say that “Islam condemns (fill in the blank)”is that Islamic religious texts (e.g. the Quran, hadith literature, etc.) include guidance on how an individual Muslim should (or should not) act vis-à-vis that subject/topic.

C’est particulièrement stupide et non-pertinent.

Prenons l’alcool. Si l’alcool est relativement déconseillé dans des textes religieux et que 95% des gens considèrent l’alcool comme mauvais, et s’en abstenir comme une part importante de l’identité musulmane (s’appuyant sur lesdits textes), dire « mais c’est pas vraiment interdit » est une grossière manoeuvre de diversion. Il y a un interdit de l’alcool renforcé socialement, qu’on peut étudier et considérer. Prétendre que parce que ce n’est pas théologique ce n’est pas lié à la religion c’est de la mauvaise foi. Si quelqu’un dit « l’alcool est interdit en islam » ou « les catholiques sont contre l’avortement », ce n’est pas pour dire qu’AUCUN MUSULMAN n’a jamais bu d’alcool ou qu’AUCUN CATHOLIQUE n’a jamais avorté, mais bien qu’il y a des dynamiques significatives et identitaires autour de l’opposition respective à ces deux pratiques.

Mais soit, suivons l’auteur dans sa tentative d’ôter tout sens aux mots, définir l’homosexualité est compliqué puisque c’est un concept foncièrement occidental :

The claim that homosexuality is condemned by Islam would require one to first define what is meant by homosexuality. The term does not have a direct Arabic equivalent and, as such, is not present in the Quran. Some point to the word “luti” to prove their claim that homosexuality is mentioned in the Quran, a reference to the People of Lut and the cities of Sodom and Gomorrah. Others point to hadith that clearly state that punishment for “homosexuality” (doing the action of the people of Lut a.k.a. sodomy) is execution.

C’est l’argument d’abrutis comme Abu al Andalusi, converti anglais d’origine portugaise, qui dira notamment que l’Islam ne peut pas être homophobe… Puisqu’ils n’ont pas de mot pour l’homosexualité ! Il refuse d’en faire un concept ou une identité. Il est possible que des hommes aient du sexe avec d’autres hommes ou que des gens boivent de l’alcool, mais c’est leur affaire privée, l’Islam ne juge pas, tant que ça reste dissimulé. Les vrais homophobes sont ceux qui auraient un concept d’homosexualité et qui permettraient au jeunes tandis que justement le fait qu’il n’y ait aucun concept pour appréhender leur sexualité, peut conduire à des résultats tragiques e.g. en Iran où la seule catégorie qui sorte des rôles genrés c’est la transexualité, donc si tu dévies un peu ou que tu as un comportement homosexuel on t’envoie chez un psy qui t’expliquera que tu es trans et que tu dois faire ta transition vite fait.

Cependant cette vision traditionnelle, si elle fait la majorité, est peut-être attaquée de façon significative. Après tout, des homophobes il y en a aussi énormément en Russie ou en France. L’auteur cite Scott Kugle, converti à l’islam et homosexuel, professeur à l’université d’Emory.  pour démontrer qu’il y a d’autres visions de l’homosexualité, ainsi que Muhsin Hendricks, un imam gay d’Afrique du Sud qui interprète cela différemment.

L’auteur est désespéré.

Pense-t-il sincèrement que deux exégètes gay qui parlent dans des pays occidentaux (enfin peut-être pas l’Afrique du Sud, mais en tout cas extérieurs au Moyen-Orient) sont la preuve d’une vague qui viendrait renverser les anciennes conceptions du monde arabe ?

De même il cite des mouvements musulmans progressistes, qui comme par hasard ne s’organisent pas au Moyen-Orient.

  1. El-Tawhid Juma Circle (mosquée inclusive LGBT basée au Canada, à Toronto)
  2. Inclusive Mosque Initiative qui cherche à créer des mosquées inclusives pour les LGBT. Il y en a en Suisse et en Angleterre. Il y a un projet d’en fonder une en Malaisie mais elle n’a apparemment pas encore vu le jour faute de fonds. Pareil pour celle qui cherche « a secure and permanent location » au Cashmire ou en Suisse et en Angleterre. Il semble qu’ils n’aient pas encore créés de lieux de cultes hormis la salle de South England dans ses deux ans d’existence et donc que leurs activités soient plus du domaine de l’information. (et quémander de l’argent sur toutes leurs pages, mais ma foi, tout coûte cher)
  3. Muslims for Progressive Values (MPV) ont lancé des mosquées similaires à Los Angeles, Atlanta, Washington et Colombus (OH) en citant le El-Tawhid Juma Circle et l’inclusive mosque initiative.

S’il n’y a pas de violente homophobie au Moyen-Orient, pourquoi ne pas citer les initiatives qui changeraient les mentalités sur place, ce que cet article dit en train de se produire et plutôt nous montrer des entreprises en Angleterre, au Canada et aux Etats-Unis ? Pourquoi ne pas parler d’al-Qaws, organisation LGBT palestinienne ?

Autre chose : ces mouvements se chevauchent beaucoup. Khaki El-Farouk, cofondateur du El-Tawhid Juma Circle fait également partie du Advisory Board des MPV. C’est logique que les gens investis dans ces problématiques se retrouvent dans plusieurs, mais justement, la multiplication des associations masque peut-être le nombre réel d’activistes musulmans derrière et leur impact.

La mauvaise foi se poursuit dans la démonstration de l’illégalité relative de l’homosexualité :

As for homosexuality’s supposed illegality in the Middle East, in many places throughout the region, this “illegality” is not technically true. As of 2013, homosexuality has never been officially criminalized in Bahrain, Jordan, or Palestine.

‘Being’homosexual and engaging in same-sex sexual activity are two different things. In some countries, like Nigeria, appearing to be gay is enough reason for criminal prosecution. On the other hand, throughout the Middle East, same-sex sexual activity is often indirectly criminalized, whether through laws against habitual debauchery, contempt of religion (Egypt), or consensual sodomy.

Donc il y a différentes modalités de lois qui finissent toutes par mettre des homosexuels en prison. Des hommes attrappés dans un sauna en Egypte vont faire de la taule. Quel réconfort leur serait-ce que ce n’est pas « l’homosexualité en soi » qui est interdite ?

As an example of this, in Saudi Arabia, one would be hard-pressed to identify a ‘law’under which LGBT-individuals are persecuted. As Human Rights Watch reports: judges in Saudi courts regularly ignored the criminal procedure codes, if they were even aware of it in the first place. Because Saudi Arabia does not have a formal penal code, judges rely on their own interpretations of religious texts, which to them criminalize homosexual activity. As recent as November 2014, Saudi Arabia jailed a man for engaging in “immoral acts”—having nude photos of himself on his phone, and sharing them with other men on social media outlets.

Et c’est là que cet article avoue franchement être dans la pinaillerie la plus inutile. Certains musulmans ont certaines interprétations homophobes de leur religion, nul ne nie cela. Ces musulmans forment sans doute la majorité dans de nombreux endroits. Cependant, là où quelqu’un de censé s’appliquerait à ensuite analyser la dynamique homophobe qui résulterait de tout cela, l’auteur, pyrrhoniste, s’évertue à démontrer que rien n’est réel, que tout est complexe, et que rien ne peut être déduit de rien.

Un autre genre de posts qui fait la ronde sur Tumblr : des tas de photos de musulmans LGBT, manifestant ou se montrant de l’affection, pour démontrer à quelqu’un qu’il existe des LGBT au Moyen-Orient. Mais d’où viennent ces photos ?

La première se trouve reprise censurée sur des skyblogs en 2011, aux alentours de février-mars, difficile de trouver sa provenance, donc admettons.
La deuxième est un drapeau, donc bon.
La troisième semble bien venir de la Gay Pride d’Istanbul. (Reuters)
Celle-ci semble venir de la Pride de Londres en 2007
Celle-la vient d’un tumblr apparemment abandonné mais relocalisé ici l’affirme prise à Toronto en 2012 pendant la marche des Queers against Israeli Apartheid.On lui a fait remarquer que les musulmans étaient d’ailleurs plus persécutés au Moyen-Orient, ce qu’elle ne nie pas, mais dit la faute des occidentaux. (sûrement)
La dame en niqab arc-en-ciel viendrait de la Pride de Londres de 2013. La date de la prise de photo (29 juin) correspond avec la tenue de la Pride cette année-la.
Celle de l’hébreu et de l’arabe s’embrassant me semble tellement mise en scène que je vois même pas pourquoi l’utiliser comme preuve de quoi que ce soit. Ca semble avoir été fait dans le cadre d’un concours de photographie.
Une dame en niqab brandit une pancarte « Jeg er Muslim + Lesbisk » (je suis musulmane + lesbienne), ce qui suppose que ça se passe en Norvège (en outre on voit une carte de l’Europe sur le panneau « LGBT rights in… ». Je trouve une autre photo de la dame. Pas de sources, mais je suppose que si on parle Norvégien…
L’addendum précise
pictures of pride demonstrations in Jordan and Turkey as well as other non Middle Eastern countries
Bien trouvé pour la Turquie, mais pas Jordanie. Peut-être le drapeau ?
Toujours est-il qu’un post censé prouver l’existence de « gay people in the middle east » montre surtout des photos prises dans des contextes européens et le post admet que les gays risquent la mort au Moyen-Orient, je vois pas vraiment, je dois dire, quelle sorte de préjugés sont censés être ébranlés.

En effet, si la majorité des musulmans, et plus particulièrement eux qui détiennent le pouvoir législatif, judiciaire ou policier, interprètent leur religion comme étant homophobe, cela va retomber sur des homosexuels, cela va créer un climat nocif pour eux, et cela va être lié à la religion et cette interprétation accolée aux textes encore et encore et toujours reproduite dans un cadre religieux. Une religion n’est pas juste un ensemble de textes qui vampiriserait des individus inconscient, une religion s’incarne dans les manifestations concrètes de ses fidèles. S’il est illégitime de prétendre déceler une essence de l’islam indépendante desdites manifestations, il est encore plus idiot de croire que parce qu’une religion n’a pas d’essence, on ne pourrait pas y déceler des tendances.

Une étude du centre Pew Research (2013) demanda à travers 40 pays aux gens leur position morale vis-à-vis de problèmes donnés. Pensez-vous que ce soit moralement acceptable, moralement inacceptable ou pas un problème moral.  Notamment l’homosexualité. La moyenne est à 59% inacceptable et à 20% acceptable. Pire que l’avortement, mais mieux que les relations extraconjugales ou le jeu d’argent. C’est beaucoup. Près de deux tiers de gens condamnant l’homosexualité. Par contre si on regarde les pays musulmans du sondage, c’est bien plus extrême. Certes la Turquie (78%/4%), plus européenne, s’approche plus du score de la Russie (72%/9%). Mais la Tunisie, réputée progressiste a 92% inacceptable et 0% acceptable (arrondi). De même, on a évoqué les conditions de vie rude dues à l’occupation israélienne pour expliciter les scores palestiniens (94% inacceptable, 1% acceptable), mais on trouve des scores de même ampleur en Egypte (95%/1%) ou en Jordanie (95%/2%).

C’est bien simple, les seuls pays à n’avoir qu’1% de gens ou moins pour considérer l’homosexualité comme acceptable sont l’Egypte, les territoire Palestiniens, la Tunisie, le Pakistan, le Nigeria, le Ghana et l’Uganda ; le Nigeria étant moitié musulman, moitié chrétien et le Ghana et l’Uganda étant les seuls majoritairement chrétiens. Je suppose que leur passé commun de colonies d’exportation paysanne sous le joug anglais ont vu des phénomènes d’évangélisation similaire qui pourraient expliquer cela ?

Oui il y a de l’homophobie partout. Mais il y aura une différence entre 42% d’homophobes (e.g. Italie), 78% (e.g. Turquie) et 95% de gens qui considèrent cela comme immoral. Que ~90% des interrogés, constamment et dans quasi tous les pays musulmans du Moyen-Orient considèrent l’homosexualité comme moralement inacceptable, je crois que c’est une donnée significative et qui s’accorde avec l’observation : c’est devenu un facteur identitaire important des pays musulmans au Moyen-Orient.

L’auteur, Bocci, cite un relativement bon article de Reza Aslan, qui se situe entre les deux chaises dont nous parlions dans l’introduction.

What does this mean, in practical terms? First, simplistic knee-jerk response among people of faith to dismiss radicals in their midst as “not us” must end. Members of the Islamic State are Muslims for the simple fact that they declare themselves to be so. Dismissing their profession of belief prevents us from dealing honestly with the inherent problems of reconciling religious doctrine with the realities of the modern world. But considering that most of its victims are also Muslims — as are most of the forces fighting and condemning the Islamic State — the group’s self-ascribed Islamic identity cannot be used to make any logical statement about Islam as a global religion.

At the same time, critics of religion must refrain from simplistic generalizations about people of faith. It is true that in many Muslim countries, women do not have the same rights as men. But that fact alone is not enough to declare Islam a religion that is intrinsically more patriarchal than Christianity or Judaism. (It’s worth noting that Muslim-majority nations have elected women leaders on several occasions, while some Americans still debate whether the United States is ready for a female president.)

Et il conclut :

Bill Maher is right to condemn religious practices that violate fundamental human rights. Religious communities must do more to counter extremist interpretations of their faith. But failing to recognize that religion is embedded in culture — and making a blanket judgment about the world’s second largest religion — is simply bigotry.

L’affaire Bill Maher a été un fiasco.

Il arguait que les musulmans étaient tous arriérés. A un moment, il demande à sa contradictrice, Rula Jebreal, si on peut être gay à Gaza et vivre. Question intéressante : elle répondit oui. Maher demanda ensuite, bêtement, s’il y avait des bars gays à Gaza. Il y a eu gross modo trois réponses.

  1. Les gazaouis souffrent terriblement de l’occupation israélienne, donc ça justifie l’homophobie. E.g. « ils ont même pas d’eau potable, pourquoi ils auraient des bars gays ? » si la critique est légitime, il me semble dangereux de concevoir que les gens n’accomplissent leurs besoins secondaires et tertiaires que s’ils ont assouvis les primaires. En Uganda, qui montre des niveaux similaires d’homophobie, et qui a son lot de crises, certes moindres, on a récemment vu des gay prides. Et peut-être que c’est un luxe, mais ce serait aussi le signe, par exemple en Egypte, qu’ils ne sont pas systématiquement persécutés et leurs espaces envahis comme dans le cas récent des 9 hommes arrêtés dans un Sauna.
  2. La moquerie, via le hashtag #MaherAsks. Si Maher est inique, il me semble simplement abject et révélateur de comparer systématiquement un bar gay (qui si on ôte la dimension alcool – mais pourquoi l’alcool gênerait des musulmans ? L’islam n’interdit rien du tout voyons ! – reste un espace de socialisation ouvert pour une minorité qui a peu de tels espaces à disposition) avec du Starbucks ou des livraisons Amazon. Sous prétexte d’humour, on prétend que l’homosexualité c’est un truc de riches occidentaux capricieux, et que vouloir un bar gay c’est aussi con que vouloir le Wi-Fi en Tanzanie. (Tu comprends ? C’est drôle parce que c’est en Afrique donc c’est sous-développé, donc ils ont pas internet ! (si))
  3. Dire que les droits LGBT finalement c’est pas si important :

But, Maher assumes that gay rights serve as an essential yardstick by which the social progress of all societies can be measured.

Oui, forcément si tu considères que les droits LGBT c’est pas un progrès, ça résoud tout de suite la question. Sous prétexte de dénoncer le pinkwashing colonialiste, on nie complètement l’homophobie et sans preuve on prétend que vivre, gay, dans la bande de Gaza où 94% des gens considèrent cela immoral, c’est possible et même, à les entendre, facile. Et sous prétexte de dénoncer une vision centrée sur l’occident, on prétend que l’homosexualité, c’est propre à l’occident finalement.

Bill Maher est un abruti, mais les bêtises qu’on lâche en courant après ce bouffon me semblent aussi symptomatiques d’un désir profond de ne jamais aborder l’homophobie parce que c’est pas une priorité, c’est une conséquence nécessaire ou bien que ça donne des arguments aux colonialistes.

Et tout cela quand Bocci dira ailleurs

A new study published in Social Science and Medicine identified a strong correlation between locations with antigay prejudice and higher mortality rates among sexual minorities in the United States.

Sans déconner ? Tu crois ? Ben tiens.

Mes autres préférés c’est ceux qui affirment que l’islam n’a aucune propriété parce qu’il flotte, pur et sans mélange, dans le monde des idées :


Une connaissance de l’islam qui ne t’apprends rien sur les musulmans ne me semble pas très utile.

Mais même les Muslims for Progressive Values admettent avec Reza Aslan que le narratif « religion of peace » sert plus à dissimuler les problèmes qu’à les résoudre :

KB: Why was it important to you, among the many issues you work on, to openly tackle LGBT rights?

AZ: Prejudice in the name of Islam is unacceptable. This is a matter of justice. Imam Daayiee, the first openly gay Imam in the US is on our advisory board. In “Your Fatwa Does Not Apply Here,” you note that his acceptance of Muslim same-sex unions has been cited by advocates in Pakistan. It warms my heart to be able to see a young LGBT person come out in front of our community, that includes straight as well as LGBT people. And to be affirmed by the Muslim community we have created.

KB: What are the biggest challenges in doing this work?

AZ: The biggest challenge is funding. We also face some pushback from within the Muslim community and also from Islamophobes, but also unfortunately from some non-Muslims on the left.

KB: In my book I argue that the right and the left in the West have both gotten this issue wrong at times, and we often find ourselves caught in the middle.

AZ: Let us take the media, for example. As progressive Muslims, ours is a narrative that does not fit the dominant story line. We were interviewed by a public television station, akin to the BBC, for the tenth anniversary of 9/11. Afterwards, the executive producer said, “your voice is irrelevant.” That is one example. Another is coverage of LGBT issues. They will interview the LGBT Muslim who has been discriminated against, and they will interview the homophobic Imam. But, even after interviewing me, they will not include us in the story. That adds to the Islamophobia. Because then the narrative is “all Muslims are intolerant so why should we tolerate them? »

KB: As a progressive Muslim, what is your message to progressives in the West?

AZ: Those on the left should stop giving space to radical Muslims. If they are intolerant, why should they be given airtime?  ISIS is in the picture and there are even some Muslims in the US and Europe that are going to Syria to join.  However, the progressive voices that are countering all that are not being promoted. The question we always hear from non-Muslims is ‘how come Muslims are not speaking out?’ It is simply not true.

KB: What are the social responsibilities of people of Muslim heritage in the ISIS era?

AZ: We have to be honest. The recruiting materials ISIS and Al-Qaeda use are very flashy. On every page there is religious language, and Islamic content. They are using religion to recruit radical kids to their cause. Why is it working? That is what Muslim institutions are not addressing. It is working because it is familiar language. They were taught that Islam is exclusive, and we are the only ones going to heaven. We have been infiltrated by Wahhabi teachings. We need to address that.  We need to say to the teachers in Islamic schools, “we are not teaching this particular theology anymore.” If you grow up and have this sense of entitlement as a Muslim and then become disenchanted with your society because you have been discriminated against since your name is Mohammed and you cannot get a job, this becomes an easy line to cross. You use religion to go kill, because you are angry and you have a religious justification on top of that.

KB: Some in the diasporas say there is too much discrimination against Muslims for us to speak critically about this.  How do you respond?

AZ: The only way to address the discrimination against Muslims is for us to deal with the problems first and to be honest. If you are going to be dishonest and simply say Islam is a religion of peace and everything is hunky dory, that does not work. Islam is a religion of peace, but what are we teaching? That is the issue. If we just brush the issue under the rug, it will not go away.

J’avoue avoir beaucoup de sympathies avec les positions d’Anni Zonnefeld. Sauf que si on interdit d’antenne les porte-paroles musulmans anti-LGBT, je suis navré de le dire, mais il ne restera plus beaucoup de porte-paroles musulmans à inviter.

 

 

Tous ces articles islamophiles sont dramatiquement vides, parce que justement Ils se contentent en fait de brouiller les pistes, de passer muscade, et je ne comprends pas la raison de tous ces pinaillements surtout pour si peu réfuter.

Ou plutôt je la comprends très bien.

Tous ces auteurs s’en foutent des sujets traités : homophobie, terrorisme, etc. même l’Etat Islamique, s’ils le dénoncent, ils s’en foutent, c’est trente types dans un désert, ça les touche pas. Par contre, la montée de l’extrême-droite à l’aide de l’islamophobie, ils aiment pas, ça remet en cause leurs allégeances politiques, alors ils tentent de contrecarrer ça, de maintenir la flamme vivace, de prêcher les convertis, rappelant régulièrement que tout est compliqué, que généraliser c’est mal et d’abord les musulmans ont inventé l’algèbre. Et ils balancent tout ce qu’ils ont.

Ces articles sont vides parce qu’ils ne visent pas à mieux connaître une situation qu’ils ne veulent de toute façon pas connaître ou dont ils ne veulent plus parler mais simplement à faire naître le doute dans l’esprit du progressiste de passage, qu’il ne cède pas aux sirènes de l’islamophobie. Ils ne sont qu’une chaîne de feux de détresse, tels ceux du Gondor, fagots jetés les uns après les autres, dans l’espoir qu’au bout on trouve quelqu’un de plus convainquant qui apperçoivent les hautes flammes de Pyrrhonisme sur les montagnes et que la cavalerie advienne enfin, prouvant que l’islam est une religion de paix en même temps qu’on veut prouver qu’elle n’a pas d’essence.

Mais point de serment d’Eorl pour l’heure. Dominic Bocci conclut :

journalists and commentators must seriously question the factual bases for their reporting on this issue.

Je n’aurais pas mieux dit.

Les progressistes sont persuadés que leur vécu exemplaire, lumière éclairant le monde, devrait parler pour tous les musulmans du monde, sans se rendre compte que beaucoup de leurs si chères prises de positions sont des privilèges à l’échelle mondiale. La majorité des musulmans qui tiendraient de tels propos courraient le risque de perdre le soutien de leurs amis, leur famille voire des menaces plus graves envers leur intégrité.

 

Encore une fois, si votre but c’est juste d’améliorer l’image des musulmans en Occident pour vous rendre la vie plus facile, c’est louable. Juste, soyez francs, et ne prétendez pas que vous allez avec vos petites mains réformer la totalité de l’Islam mondial de votre chaire new-yorkaise.

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Une réponse à “Bad Religion”

  1. […] [Cet article comporte quelques erreurs de lien que je tenterai de corriger et des fautes de frappe. Pratiquement une suite de Bad Religion] […]

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