Le blog de

Lays Farra



18/08/2017

Un peu de pensée à voix haute sur diverses choses qui me sont passées par l’esprit récemment.

I

Abandonner l’étude c’est se délivrer des soucis
Car en quoi diffèrent oui et non ?
En quoi diffèrent bien et mal ?
On doit redouter cette étude que les hommes redoutent
Car toute étude est interminable

Tao-tö King, XX. (trad. Liou Kia-Hway)

À la dernière Noël, on m’offrit une traduction du Tao-Tö King, parfois aussi écrit Dao de jing à cause des impasses de la phonétique, un texte très important dans l’élaboration de la tradition taoïste et attribué à Lao-Tseu. Mais je suis conscient des périls de la traduction. Suis-je capable d’appréhender une philosophie exprimée de façon si elliptique, et par des saillies paradoxales très faciles à moquer, si je ne connais pas le langage difficile dans lequel elle était à l’origine ?

C’est un problème inévitable, et que j’ai fréquemment rencontré. J’ai fait une double vidéo sur Odin, mais est-ce possible de comprendre véritablement l’ancienne mythologie nordique sans parler vieux norrois ? De comprendre Attis avec mon horrible niveau de grec ? Certains sujets semblent même requérir plus de compétences linguistiques qu’une vie entière de travail ne peut fournir : notre vidéo sur Mithra, qu’on travaille depuis presque deux ans, ne s’éternise pas sans raison, on devra y examiner des textes en avestique, vieux-perse, sanskrit, grec, latin et arménien. Est-ce possible de démêler les connotations épineuses de tous ces corpus en reposant principalement sur des traductions ?

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