Le blog de

Lays Farra



25/03/2017

Beware: English is not my maternal language so a few oddities might pop up in the following article.

Recently, Crash Course purported to take a look at myths and to teach you about « mythology », in a series presented by Mike Rugnetta. I quite like some of their other shows so as a learning scholar on the history of religion, and myself producing a few videos on the topic with a few friends I thought that I’d watch them.

The risk is, of course, falling into a simple listing of gods and stories that forgets to put them in context or analyse them. Feminine figures all become « mothers earths », any celestial being is a Sky Father or a Sky God or, god forbid, a Sun God. All nuance is lost to endless paralellism, attempting to erase difference or even influence : similarities become some sort of doorway into a shared human prehistory, although many times you can clearly see pattern of diffusion rather than shared inheritance. Of course who wrote down our sources is hugely important in such matters. For example, in colonial contexts, maybe the indigenous myths resembles christianity because of missionaries’ attempts to retrofit christianity into local myths to help convert the locals? Maybe if all our sources come from after they made contact with the West we should be wary to not extrapolate the state of their religion in the previous centuries from that? Maybe when the christian Church Fathers talked about paganism they weren’t entirely 100% objective? I don’t know, maybe carefully analyzing the material from which we create narratives about ancient religion and myth is important, something we attempted to do with Antoine and Camille in our video on the links between Samhain and Halloween.

As to Crash Course Mythology, as far as the credits let me see, by people with no training in actual religious studies.

  • Raoul Meyer is credited as writer. He seems to be trained mainly in history/litterature?
  • Alexis Soloski is credited as content consultant, seems to be mainly a drama critic.
  • Meredith Danko and Zulaiha Razak are listed as script editors, and Zulaiha Razak alone as script supervisor. They worked on Mental Floss I think, I don’t know their background.

That’s not a huge problem, but if they draw from a wide varieties of approaches and schools of analysis they might just provide an introduction to the vast and varied study of myth.

Which I think they didn’t for now.

In fact, I think they lifted pretty much the entirety of the episodes written for now from David Leeming’s The World of Myth : an Anthology (1992). I think there’s a good case for plagiarism, or at least copy-pasting of the utmost laziness and dishonesty and as I’ll attempt to show, it doesn’t require much research to show it. Let’s look at their episode #2 « Creation Myths : Creation from the Void« .

(suite…)

05/02/2017

Je voulais juste faire un article pour que le premier sur la page d’accueil soit un peu plus accueillant, peut-être, et pour réunir ce que j’ai fait cette semaine. Peut-être que je devrais faire une sorte de résumé mensuel ou hebdomadaire où je liste ce que j’ai fait de valable surtout quand j’ai tendance à les poster à 2h du matin.

(suite…)

09/03/2016

Critique de Battling the Gods, Atheism in the Ancient World (2015) de Tim Whitmarsh.

[Plus qu’une critique vraiment orientée, il s’agit de mes impressions après une lecture rapide.]

(suite…)

02/01/2015

 

Cet article arrive un peu tard pour parler de Noël, mais vu que Yule pourrait se situer de mi-novembre à mi-janvier on a un peu de marge. Avant cela, vous devriez lire :

Vol au-dessus d’un nid de coucou

Jean-Noël Lafargue, s’il n’a pas inventé l’expression, parlait du christianisme comme d’une « religion de coucou », parallèle avec cet oiseau qui s’installe dans le nid des autres et mets ses propres petits. Il en parlait je crois, surtout, pour parler du remplacement d’Hypatie par une sainte chrétienne. Cependant, je pense que l’idée que les chrétiens cambriolent les religions qui viennent avant eux est plus large que ça, vous l’avez lu dans mes articles précédents.

https://twitter.com/Jean_no/status/283526953674350593

Mon moi d’il y a deux ans dit vrai, le terme est très bien, très attractif, mais tout comme les idées qu’il recouvre, que j’ai pu naïvement partager, comme tant d’autres théories demi-savantes qui flottent insoupçonnées, j’ai bien peur qu’il soit très peu révélateur de la vraie nature du christianisme.

Mais gardons le terme de « coucou » pour décrire ces gens qui prétendent que le christianisme, complot terrible, aurait sciemment tout volé ! Le concept présent les païens comme des espèces d’abrutis qu’il suffirait d’appâter dans une Eglise, d’asperger d’eau bénite, de leur crier « WOLOLO » dessus, et pouf!, on les a converti, comme dans Age of Empires II. Cela montre l’Eglise comme une sorte de Team Rocket farfelue attrapant un Pikachu, romain ou celte, en plaçant une SUPER FÊTE pile à la date où ils ont déjà une fête, pour leur tendre un piège, parce que c’est bien connue, les païens, le jour où ils ont leur super fête païenne à organiser, ils vont se précipiter dans les Eglises assister aux célébrations placées ce jour là, parce que peut leur importe quelle fête tant qu’ils font la fête.

IL039_8

Evangélisation stratégique des masses, IVe siècle

Pas très charitable ni logique comme vision. Mais ma foi.

Reprenons un peu sur la fête de Yule vue par les coucous et enchaînons sur la Chandeleur et (un peu) sur la Saint-Valentin.

The Wheel in the Sky keeps on turning

Les néo-païens ne s’embarrassent pas de nuances. Ainsi Yule a été célébrée pendant 10’000 ans.

B5WFBWnCIAE5LEn

Et on voit qu’ils la prétendent célébrée au Solstice d’Hiver.

Rappelons les propos d’Orchard (1997)

In practice, it is difficult to specify the yule-tide period more accurately than at some point between about mid-November and the beginning of January.

et Simek (1996)

The temporal coincidence with the mid-winter festival is rather problematic as the older Germanic evidence, the names of the month in Gothic fruma jiulis (4th century) and Anglo-Saxon giuli (8th century from the Venerable Bede) refer to December or else December and January, while the etymologically likewise related Old Norse name of the month ylir (recorded only once in the 13th century) covers the time between the 14th of november and the 13th of december, and thus offers no point of reference for the sacrificial feast. Admittedly, the identification with the mid-winter time of sacrifice is the most likely.

On a aussi Sturluson qui évoque le fait que le roi Hakon a avancé la fête pour qu’elle corresponde avec la Noël chrétienne, autrement dit, elle avait lieu en janvier.

  • IVe s. Giuli : Décembre ou Décembre et Janvier
  • VIIe s. Fruma Jiulis : Décembre ou Décembre et Janvier
  • Xe s. Yule : Après la Noël chrétienne, puis alignée
  • 13ème s. Ylir : 14 novembre au 13 décembre

Ces discussions ont déjà lieu en 1848. L’explication la plus simple c’est que les fêtes hivernales changent de date et de sens au fil des circonstances et des lieux. Pourquoi les dates données par l’Anglais Bède et l’Islandais Sturluson à plusieurs siècles d’intervalle devraient forcément concorder ? Pourquoi Orchard cherche-t-il une essence de Yule ? Pourquoi cherche-t-il à préciser « the yule-tide period » quand toutes les preuves qu’on a diffèrent ? On fait quoi, une moyenne entre toutes les dates connues ? Qu’est-ce que ça nous apprendra ? Pourquoi serait-ce plus significatif que les dates pour lesquelles on a des preuves ? Quel intérêt de viser à connaître le « Vrai Yule » quand on sera sûr que dans la plupart des sources qu’on a ce n’est pas ce compromis qui était célébré ?

Capture d’écran 2015-01-03 à 19.46.12

Intéressant d’ailleurs que les chrétiens représentent l’année liturgique drôlement de même façon. Un peu moins géométrique, remarque.

Capture d’écran 2015-01-03 à 19.50.18

J’ai déjà pointé qu’il était facile de faire concorder des fêtes quand on a des créneaux de deux mois (mi-novembre à mi-janvier). Ainsi vous trouverez des fêtes hindoues ou même bouddhistes. Mais c’est encore plus amusant de voir les néo-païens séparer l’année en quatre saisons quand le calendrier de Coligny montre que ces fêtes étaient fixées suivant la lune plus que le soleil et que la source la plus ancienne, Tacite (~100 Ap. J.C.)  semble nous montrer une tripartition de l’année de par l’absence d’automne.

Exercer l’usure et l’appliquer à son produit même, est une pratique ignorée des Germains, et cette ignorance vaut mieux qu’une défense expresse. Chaque tribu en masse occupe tour à tour le terrain qu’elle peut cultiver, et le partage selon les rangs. L’étendue des campagnes facilite cette répartition. Ils changent de terres tous les ans, et ils n’en manquent jamais. C’est que l’homme ne s’évertue pas à épuiser le sol et à rétrécir l’espace, pour le plaisir de planter des vergers, d’enclore des prairies, d’arroser des jardins : ils ne demandent à la terre que des moissons. Aussi l’année même n’est-elle pas divisée en autant de saisons que chez nous. L’hiver, le printemps, l’été, ont un sens pour eux, et sont  nommés dans leur langue. Quant à l’automne, ils en ignorent également le nom et les présents. (Germania, XXVI)

Avant de partir sur des théories de l’origine indo-européenne de cette tripartition annuelle, Alexander Tille montre quelques arguments pour cela au tout début de son ouvrage Yule and Christmas, their place in the Germanic Year de 1899. Si on enlève ses propres théories tirées par les cheveux l’ouvrage fait un travail critique admirable pour l’époque.

Bien sûr, il faut être prudent. La diminution d’activité judiciaire à une période de l’année donnée veut peut-être simplement dire une diminution périodique d’activité litigieuse et criminelle à cause d’un ralentissement économique par exemple. Et puis, il convient d’analyser leurs dates voir si ces trois cours annuelles se tiennent au même moment ou si simplement trois cours par an suffisent à traiter toutes les affaires et leur date n’est pas fondamentalement importante. De même, Tacite présente peut-être simplement un mode d’organisation agricole différent du romain qui – s’il marque sûrement les consciences – ne veut pas forcément dire que la mentalité germanique discerne trois saisons.

Et puis, y’a rien qui change plus que des traditions ancestrales

Quant à la plasticité des pratiques, il suffit de regarder ce livre de 1912, Christmas In Ritual and Tradition, Christian and Pagan par Clement A. Miles qui s’évertue à étaler le plus de survivances possibles. Et ce qui est terriblement frappant c’est que ces fêtes n’ont que de rares éléments en communs, sinon tout diverge pour peu qu’on aille dans le village d’à côté. Un exemple :

 

Si « Yule » a une signification qui varie dès qu’on bouge de 10 ans ou de 20km, peut-être, tout simplement, que dire « Yule est célébrée depuis 1000 ans » ne signifie absolument rien.

Chandeleur, chant de l’heure

Une autre fête que j’ai peu abordé et dont on a des traces de « l’origine païenne » se trouve être la Chandeleur. Mais malgré les indices qu’on a  dessus, les partisans du coucou parviennent encore à raconter n’importe quoi et rater une opportunité pour une fois d’être raisonnables. Si ça ne m’étonne pas chez une loge de Francs-Maçons celtisants, on peut froncer devait Wikipedia qui ne s’emmerde pas de conditionnel : (j’ai édité la page, parce qu’on me balance toujours après « gnignigni Wikipedia si t’es pas content t’as qu’a éditer » donc c’est là la version du 19 décembre 2014 qu’on citera)

La Chandeleur (Fête des chandelles) est une fête populaire d’origine païenne liée à la lumière.

Quels sont leurs arguments ?

Premièrement, Bède le Vénérable, encore lui, affirme que l’Eglise a remplacé les lustrations païennse par la fête de la Chandeleur. Ainsi dans un article du Point Références publié récemment(jan-fev 2015), souligne :

Encore une fête chrétienne venue remplacer une coutume païenne ! La Chandeleur, célébrée le 2 février, aurait été instituée par le pape Gélase Ier (mort e 496) afin de « christianiser » des rites romains et celtes, liés à la lumière, à la fécondité et la prospérité. C’est ce qu’explique le moine anglo-saxon Bède le Vénérable (v. 672-735) dans son traité De Temporum Ratione : « L’Eglise a changé heureusement les lustrations des païens, qui se faisaient au mois de février autour des champs; elle leur a substitué des processions où l’on porte des chandelles ardentes, en mémoire de cette divine lumière dont Jésus-Christ a éclairé le monde. »

Deuxièmement, les Lupercales se passaient en février, ainsi Wikipédia de nouveau :

La festa candelarum tire son nom d’une coutume consistant à allumer des cierges à minuit en symbole de purification. [renvoi à : Revue Terre et Peuple, no 6, hiver 2000, p. 12 et 13, Nos fêtes celtiques : Imbolc]

Chez les Romains, on fêtait les Lupercales aux environs du 15 février, fêtes inspirées de Lupercus, dieu de la fécondité et des troupeaux. À la même époque, on trouve également la fête de Feralia.

La festa candelarum est présentée comme une fête romaine pré-chrétienne, pourquoi la lier à une note sur une discussion d’Imbolc ? Surtout de la part de la revue Terre et Peuple, liée à une mouvance identitaire éponyme, qui, bien sûr, fait des articles sur la fête de « Yul » célébrée par leurs ancêtres depuis un million d’années, Saint Nicolas = Odin, etc.

Troisièmement Carnaval-Viol-D’ours-Primitif-Préhistorique

Longtemps en Europe4, l’ours fut l’objet d’un culte qui s’étendit de l’Antiquité jusqu’au cœur du Moyen Âge. Les peuples germains, scandinaves, et dans une moindre mesure celtes, célébraient la sortie d’hibernation de l’ours vers la fin du mois de janvier ou le tout début du mois de février. Mais la date faisant l’objet des plus importantes célébrations était le 24 janvier dans la majeure partie de l’Europe. Il s’agissait du moment où l’ours sortait de sa tanière pour voir si le temps était clément. Cette fête était caractérisée par des déguisements ou travestissements en ours, et des simulacres de viols ou d’enlèvements de jeunes filles.

L’Église catholique chercha pendant longtemps à éradiquer ce culte païen. Pour ce faire, elle institua la Fête de la Présentation de Jésus au Temple qui est célébrée le 2 février et qui correspond à la Fête de la Purification de la Vierge Marie.

Cependant, les célébrations de l’ours et du retour de la lumière continuaient lors de feux de joie et autres processions de flambeaux. Le pape Gélase Ier institua donc au ve siècle la fête des chandelles.

Du xiie au xviiie siècle, la chandeleur fut appelée « chandelours » dans de nombreuses régions (notamment Alpes, Pyrénées, Ardennes) où le souvenir du culte de l’ours était encore très présent5.

Il est indéniable qu’il subsista longtemps des cultes païens en Europe que les souverains chrétiens et les Églises ont cherché à éradiquer. Mais pour que « l’hypothèse de l’ours » soit ici éclairante, il faudrait, selon certains, qu’elle soit opérante à Rome au milieu du ve siècle, là où la fête de Noël a été fixée au 25 décembre, et à Jérusalem, là où l’usage liturgique s’est établi de fêter la Présentation. En fait il n’y a pas besoin de cet éclairage, le calendrier chrétien lui-même s’en chargeant. En effet on y voit que la Chandeleur y est fixée au 2 février, et la Sainte-Brigitte au 1er février (Brigitt étant le nom de la déesse celtique, célébrée à date équivalente). Il y a également la Saint-Ours d’Aoste, la Saint-Blaise (qui signifie « ours »). De plus la Chandeleur est l’ouverture de la période carnavalesque ; or l’ours est l’animal carnavalesque par excellence6.

Reste que la festa candelarum à Rome commémorait la recherche de la Déesse de la Lumière Perséphone enlevée par le Roi de l’Autre Monde Hadès, par sa Mère la déesse de la Vie Déméter. Perséphone n’étant plus dans notre monde les ténèbres étaient omniprésentes, sa mère a alors éclairé sa recherche avec une torche, et a fini par obtenir que sa fille serait sur Terre et sur l’Olympe pendant 2/3 de l’année (période claire), et dans l’Autre Monde (les Enfers) durant 1/3 du temps (saison hivernale). La fête des chandelles symbolise le retour de la Lumière.

Février, par ailleurs, tire son nom du verbe latin ‘februare’ qui signifie « purifier ». Le christianisme a donc placé la fête de la Purification de la Vierge à ce moment. La purification dont il s’agit est celle de la sortie de la « ténèbre hivernale ». Les mythes de la Belle au Bois dormant ou de Thésée et Ariane (par exemple) narrent la libération de la lumière (l’Aurore de l’année) par le « chevalier solaire ».

Du diable si je sais quel rapport entre les bougies, les crêpes et le viol d’ours carnavalesque. Apparemment il s’agirait plutôt du lien entre les Lupercales et l’Ours du Carnaval, mais qui du coup n’a rien à faire dans la discussion de la chandeleur ? J’admire particulièrement la bataille éditoriale qui a lieu ici, la moitié d’un paragraphe disant qu’il faudrait que l’hypothèse de l’ours soit opérante à Rome ou Jérusalem, et ensuite qui dit qu’on n’en a pas besoin car le calendrier liturgique prouverait l’hypothèse par le lien entre une déesse celte (Brigit) et la Saint-Brigitte. Magnifique tacle, qui fait reculer le goal de la conclusion de la chandeleur, au carnaval, à la Saint-Brigitte, et qui permet aux coucous de se passer de sources, rejettant simplement le projecteur plus loin sur une autre évidente similitude.

A boire et à manger dans cette partie :

  1. La chandeleur fut appelée chandelours (?)
  2. La festa candelarum à Rome était liée à Perséphone/Proserpine (notez aucune source romaine sur la festa candelarum romaine)
  3. Février veut dire purifier donc le christianisme a placé la fête à ce moment-là. Cet argument est en fait dérivé de Bède, comme on le verra.
  4. La belle au bois dormant ou Thésée et Ariane symbolisent la libération de la lumière annuelle.

Et quatrièmement, les crêpes symbolisent le soleil :

Aujourd’hui, on connaît surtout la Chandeleur en tant que jour des crêpes. On raconte que c’est ce même pape Gélase Ier qui faisait distribuer des crêpes aux pèlerins qui arrivaient à Rome[réf. nécessaire].

On dit aussi que les crêpes, par leur forme ronde et dorée, rappellent le disque solaire, évoquant le retour du printemps après l’hiver sombre et froid. [renvoi à Migros Magazine, source en béton s’il en est]

Par où commencer ?

Origine chrétienne

D’abord sur le narratif chrétien. Comme le décrit le Lévitique (12:11-18) les femmes qui accouchent sont considérées impures 40 jours (plus si l’enfant est une fille) et doivent se purifier par un sacrifice expiatoire. L’Evangile de Luc (2:22-40) décrit Marie suivant cette coutume, rencontrant Saint Siméon au temple de Jérusalem, qui prophétise sur le devenir de l’enfant, et Anne, fille de Phanuel, qui loue Jésus auprès de la foule. La fête célèbre donc la Purification de Marie et la Présentation du Seigneur au Temple.

Sophrone de Jérusalem (v. 550-639) explique cette fête :

« Puisque la lumière est venue dans le monde et l’a illuminée alors qu’il baignait dans les ténèbres, puisque le Soleil levant qui vient d’e haut nous a visités, ce mystère est le nôtre. C’est pour ça que nous avançons en tenant des cierges, c’est pour cela que nous accourons en portant des lumières, afin de signifier la lumière qui a brillé pour nous mais aussi afin d’évoquer la splendeur que cette lumière nous donnera » (Le Point Référence, p.58)

Quarante jours après la naissance de Jésus, donc Quarante jours après le 25 décembre, cela tombe bien le 2 février.

Et comme dit la dernière fois la fixation de la date de Noël au 25 décembre vient de calculs effectués d’après la fixation de la date de sa mort, et fut fixée par le pape Libère en 354. Par conséquent, le calcul faisait sens.

On a discuté l’immixtion du cierge pascal pendant le quatrième siècle et évoqué que Saint Jérôme n’aime pas ce symbolisme ajouté à la liturgie. Néanmoins, cela montre assez qu’au tournant du cinquième siècle le Christ était déjà symbolisé par la lumière d’une chandelle pendant la veillée pascale et que la date de la présentation au temple (d’après celle de Noël) tomberait bien un 2 février. En outre, Siméon dit quand il voit le nourrisson que Jésus sera la « Lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël ton peuple » (Luc 2:32)

Y a-t-il besoin de supposer sans preuves une adjonction païenne pour imaginer que des chandelles marquent le 2 février et que cette célébration soit liée à la lumière ?

Sur les Lupercales et Gélase Ier

Les Fastes d’Ovide (2,243-474) décrivent bien ces fêtes. Les Lupercales seraient sans doute lié aux fêtes de Carnaval, j’imagine, mais à la lumière ou aux chandelles ? En outre, elles se passent mi-février (13-15), tandis que la Chandeleur a été très très vite fixée au 2, et ne pouvait avoir lieu à un autre moment en Occident vu le narratif chrétien.

Parlons un peu de Gélase Ier. Pape africain (d’Afrique du Nord) il règne de 492 à 496, ce qui est peu.

On lui attribue la fixation de la Chandeleur au 2 février, mais aussi de la Saint-Valentin au 14 pour supplanter les Lupercales, ce qui me laisse penser que les coucous veulent le beurre et l’argent du beurre : Chandeleur ET Saint-Valentin remplaceraient les Lupercales. Les coucous sont si pressés d’affirmer les chrétiens sans originalité qu’ils ne s’embarrassent même plus de trouver une explication pour chaque fête, corrélant simplement les fêtes païennes et chrétiennes de chaque mois.

Gélase a été un écrivain prolifique, il nous resterait une cinquantaine de ses lettres, dont, lis-je, celle qu’il écrivit au sénateur Andromachus et qui détaille justement sa réprobation envers la fête.

Un article de blog me permet de voir que la lettre est contenue dans la Collectio Avellana qui comprend des documents papaux ou impériaux, dans le volume 35.1 du Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum, pp. 453-464. Cela se corrèle avec les pages 558-570 du PDF, trouvé via une liste de liens archive.org tenue par le Monastic Manuscript Project. Il semble qu’il ait été disponible sur Google Books un temps (Roger Pearse y linke) avant d’être uploadé sur archive.org Le texte latin suit :

Roger Pearse plaint ne pas avoir de traduction du texte et pense sous-traiter cela auprès d’un étudiant – sans surprises, sans succès. Mais il lie un article de William M. Green, Lupercalia in the Fifth Century publié dans Classical Philology Vol. 26, No. 1 (Jan. 1931), pp. 60‑69.

Le texte étant dans le domaine public et adressant, en 1931, beaucoup des accusations des coucous, je vais le paraphraser, vous encourageant néanmoins à le lire si vous le pouvez. Mais la barrière linguistique latine permettant déjà tant de malentendus, je pense que juste vous renvoyer à un article anglais m’aliènerait quelques lecteurs.

Green commence par adresser le manque d’esprit critique avec lequel ces célébrations sont abordées. On dit ainsi que le pape Hilary aurait demandé à Anthamius l’interdiction des Lupercales, et ce même parmi des grands noms tels que Frazer (comme d’habitude) et Gibbon, alors que les sources disent simplement que les pratiques avaient lieu et que le Pape avait demandé à l’empereur – c’est un peu son boulot – de faire attention aux hérésies.

Le fait que la chandeleur les remplaçait daterait du Cardinal Baronio (XVIe) qui émit cette hypothèse (Annales Ecclesiastici (Barri-Ducis; L. Guerin, 1864‑83), t.IX, p. 603. Je vous donne la page citée par Wikipédia mais j’ai pas trouvé la mention donc probablement à une autre page) comme tous nos coucous, devant la similitude des dates entre la quadragesima Epiphaniae (le 14 février) qui aurait été la première forme de la chandeleur et le 15 février des Lupercales. De ce que je connais du terme quadragesima, il désigne des périodes de 40 jours de jeûnes, suivant ou précédant des fêtes, à l’instar du Carême. Ici il définit une fête 40 jours après l’épiphanie (6 janvier) se qui arrive bien le 14 février, de même que quarante jours d’impureté suivant le 25 décembre atterriraient le 2 février. Green mentionne que cette fête n’a jamais eu lieu à Rome et que les Lupercales avaient lieu principalement à Rome et alentours, de par leur lien à Remus et Romulus et leur grotte primordiale.

Green mentionne ensuite qu’il n’y a effectivement pas de doutes que la fête des Lupercales s’est perpétué très tardivement, malgré l’interdiction de nombre de pratiques qui ont dû être essentielles à son déroulement. Ainsi le Code Théodosien interdit les sacrifices, qui devaient constituer une part difficilement remplaçable de la fête originelle, vu le rôle iconique des peaux de bêtes.

Il évoque ensuite le contexte propre à la lettre : nous savons que Gelasius et Andromachus se sont écrit avant, qu’Andromachus est un sénateur, chrétien (une autre lettre de Gelasius l’appelle « fils ») et qu’il a pu parfois représenter l’Eglise. Il s’agit d’un noble chrétien, mais soucieux de rétablir une pratique qu’il conçoit de bonne augure. En effet, la peste a frappé la ville et beaucoup blâment l’interruption du rituel pour cela. Cela montre aussi les limites du pouvoir papal face à la noblesse romaine.

Le but de la fête est au coeur de la lettre. Gelasius argue en effet que la fête avait pour but de promouvoir la fertilité (via la licence) et non empêcher les épidémies, citant d’ailleurs une épidémie de l’an 473 que les Lupercales n’avaient pas empêchées. Cependant il semble y avoir de nombreux auteurs romains pour montrer que la fête avait une visée purificatoire. (CIL I2.259; Pol. Silv. fast. Febr. tit.; Varro Ling. V.34; Ov. Fast. II.31 f.; Censor. xxii.14 f.; Paul. Fest. p85; Dio. Hal. I.80; Plut. Numa xix.5; Lydus de Mensibus IV.25. ) liée aux lustrations.

This reply raises a question as to the purpose of the rites. Gelasius cites an account from the second decade of Livy (292‑218 B.C.), to the effect that the Lupercalia was instituted to relieve the sterility of Roman matrons.17 The service thus rendered by the scourging of the Luperci is mentioned by many writers. But a number of sources indicate that the Lupercalia was, in a wider sense, a festival of purification. It was the most important event of the month of February, which received its name from the purification (februare = « to purify »).18 The day of the Lupercalia was known as the dies februatus, or « Purified Day. »19 The course taken by the runners was a lustration of the ancient Palatine settlement;20 but in historic times its benefits were extended to the entire city,21 so that it is not unreasonable to suppose that the Roman inhabitants of outlying districts felt their interests involved. […] So the Lupercalia was believed to make provision for the growth of crops,23 coming at a season appropriate for that purpose. In the Roman ritual a number of festivals belong to this class, and on the occasion of prodigia extraordinary lustrations took place.24 Two writers have preserved for us versions of the prayer that accompanied the lustration of a Roman estate, which show clearly the aim to avert all forms of evil. When the farmer has given orders for the hog, sheep, and ox of the suovetaurilia to be led about his farm, he prays to Father Mars to keep off diseases, sterility, destruction, calamities, and bad weather (« morbos visos invisosque, viduertatem vastitudinemque, calamitates intemperiasque« ), allowing the crops to grow to an abundant harvest, preserving shepherds and flock, giving health to master and household.25 Festus includes a request for the averting of pestilence, disease, death, ruin, vapors, and the scab (« pesestas. . . . morbum, mortem, labem, nebulam, impetiginem« ).26

Andromachus disait apparemment que ces pratiques étant interdites ou récupérées sous d’autres formes (les rogations prenant la place des Ambarvales, par exemple) les Lupercales ont pu récupérer la fonction de ces lustrations.

It would be quite natural for it to take over, somewhat, the functions of those that were lost. Thus the suppression of a pestilence on Campanian estates would more properly be a function of the ambarvalia, but was now associated with the Lupercalia. How seriously people believed in such an association we cannot tell. The Pope scoffs at the idea, yet thought it necessary to write an answer in several thousand words.

Green discute ensuite quel dieu est honoré pendant les Lupercales, plusieurs étant des candidats logiques, tous des démons.

Les Lupercales sont le plus connues pour, en gros, montrer des mecs en peaux de bêtes qui courent complètement ivres et fouettent le cul de toutes les matrones qui passent, leurs lanières transmettant apparemment la fertilité, et les accouplements licencieux  en état d’ébriété qui s’ensuivent l’augmentant d’autant. En 44 av. J.C. Marc-Antoine n’a pas de honte à s’afficher ainsi en public. Être un Luperci était réservé aux jeunes de la noblesse.

Cependant, en 494, une pique de Gelasius montre que cela avait changé : il met Andromachus au défi de courir nu par la ville, s’il souhaite le rétablissement du culte.

To this part of their proposal the Pope makes a taunting reply: such a performance is not the ancient rite at all, and would have no efficacy whatever. « If you assert that this rite has salutary force, celebrate it yourselves in the ancestral fashion; run nude yourselves that you may properly carry out the mockery! » Their unwillingness to do so was a confession that it was a shameful institution in which no Christian of dignity could engage.40

A cette époque en effet, la part des Luperci (même plus nommés ainsi dans la lettre) est donnée à « ad viles trivialesque personas, abiectos et infimos« , des personnes de basse extraction en somme. Ils ne sont plus vêtus de peaux mais nus.

L’expropriation des possessions et salaires des prêtres païens, la levée de leur immunité et l’interdiction de tous dons futurs à ceux-ci par Gratien en 382 devait avoir porté un coup fatal à la profession et la continuation du culte. Les pratiques qui se maintiennent un siècle plus tard sous Gelasius doivent n’avoir plus grand-chose à voir avec cela, et Green le dit même en passant, s’être un peu christianisées. On a là, dit-il une fête de chrétiens des basses classes qui veulent célébrer un rituel propitiatoire vis-à-vis de l’esprit de Février pour se délivrer du mal. Ce n’est certes pas chrétien de négocier avec des démons, mais Augustin lui-même l’a dit, les dieux romains sont des démons, et quand on attribue de la puissance, fut-ce négative, à une entité, il faut s’attendre à ce qu’elle soit invoquée.

“Et voilà comment il arrive que les païens, en se faisant des dieux qui ne sont pas même des démons, et en adressant leurs supplications à des esprits immondes, sont sous l’empire, non des dieux, mais des démons” [La Cité de Dieu, VII, 14, « “Des fonctions de Mercure et de Mars”]

C’est une conclusion tout aussi hâtive je pense, mais elle prend en compte plus d’éléments évoqués ici.

The evidence, then, as to the Lupercalia at this late date shows that it was a performance of the superstitious Christian mob. They thought of it as a purificatory rite by which evils might be averted from the state, its benefits even extending to outlying portions of Italy. The demon to be propitiated was of half-animal form, deriving its name Februarius from the month of purification. But, though the rites retained the name of « Lupercalia, » they were considerably altered. Nude runners, not the ancient and honored Luperci, ran to and fro, singing sportive verses in which conspicuous scandals might be aired for the amusement of the people and the humiliation of the offender. As to the other practices of the day we have no complete evidence, and may suspect that they had suffered radical modification at the hands of the several Christian generations through which they had passed.

De ce que je peux trouver, d’autres chercheurs blâment le lien peu solide. Quelques exemples pêles-mêle de ce que je trouve avec Google.

un article de J. Toutain, Les Lupercales Romaines et la fête chrétienne de la Purification de la Vierge ou de la Chandeleur (Le 2 Février)  publié dans la Revue de l’histoire des religions, t. 79, (1919), pp. 1-13 [sur JStor ici :http://www.jstor.org/stable/23663583] commence de façon très critique sur le lien établi par Bède et annonce sa volonté de critiquer de même la thèse du prélat.

Un passage de Cameron, The Last Pagans of Rome, résume plusieurs points :

  1. La célébration n’avait plus lieu telle qu’aux temps classiques (un scolaste de Juvénal parle du fouettage de cuisse au passé)
  2. Le Pape ne fait aucun appel à l’autorité, alors même que les cultes païens ont explicitement été interdits depuis un siècle (391)

L’article de l’Encyclopédie sur la papauté de Levillain dit des Lupercales que « It would be incorrect to say that Gelasius forbade it. Not only did he not have the autority but he was content  to place before Andromachus the contradiction between his profession of christian faith and his pagan practices » (Google Books) Des fragments accessibles sur GBooks du livre de Holleman (1974) cité par Levillain dans ledit article encyclopédique montre qu’il pointe aussi le manque de discussion autour de la lettre, citant W.M. Green. Demacopoulos, dans The Invention of Peter: Apostolic Discourse and Papal Authority in Late Antiquity mentionne que la volonté aristocratique de maintenir les saturnales se fait sans doute parce que des fêtes populaires loin de la supervision de l’Eglise permettent à ces nobles de renforcer leur pouvoir par le patronnage des coureurs, notamment. C’est donc aussi à lire dans une lutte de pouvoir entre les deux autorités. Il mentionne également que Gelasius ne fait pas appel à una argument d’autorité mais bien des arguments empiriques : si le festival fut un jour utile, il a trop été dénaturé encore, et tente de prouver le lien avec des démons. Salzman, à propos du Codex Calendar de 354, note que le débat fondamental entre Andromachus et Gelasius rejoint notre débat scientifique actuel qui lança cet article : s’agit-il de fêtes païennes ou ont-elles été christianisées, sont inoffensives et ne sont plus qu’un héritage aristocratic romain purificateur ? Andromachus invoque ainsi des notions de purification communes à la théologie du Ve s.

Notez que Sallzman y va de son Saturnalia->Noël, liant aussi une fête d’Isis et le carnaval, etc. sans prendre le temps de démontrer quoi que ce soit, renvoyant à des encyclopédies qui datent parfois de 1910L’encyclopaedia of Ethics and Religion(vol.3), entrées Christmas et Christmas Practices nous livrerait-elle une source inédite ? Pas vraiment, et même eux admettent par exemple que la mode du Gui est plutôt un revival moderne qu’une survivance ou que l’arbre de Noël n’est pas traçable au-delà du XVIIe (vol.3, p. 610 i.e. p. 620 de ce PDF )

Comme quoi rigueur et érudition ne se rencontrent pas toujours dans les mêmes pages. Cela rejoint ce qu’on disait sur les cercles de confirmation : ces thèses s’immiscent dans les épilogues d’autres thèses parfaitement défendables, on les invoque pour ajouter profondeur à un argument, pour montrer son érudition, quand ce n’est pas forcément le coeur du sujet.

Mais au-delà de ces impairs, Sallzman n’évoque pas le même débat qu’aujourd’hui sur Noël : une fête est toujours célébrée, mais son sens n’a-t-il pas changé ? Ne peut-on pas arborer des sapins partout puisqu’ils n’ont pas de consonance théologique et donc ne renforcent pas le pouvoir de l’Eglise ?

Cela vient à mon avis en dernière instance de la romanisation du christianisme, ou la christianisation de l’Empire, les  fêtes qu’on conserve de Rome (Sallzman ci-dessus parle de la nouvelle année) sont celles qu’on imagine sans signification religieuse (là, commémoration de l’origine de Rome) : ainsi on aboutit à une séparation inédite entre fêtes religieuses et fêtes laïques, dans la continuation de la séparation (même si ce n’est pas une séparation si rigide, voir ici p. 132) entre les cultes orientaux importés (e.g. Isis) et les célébrations étatiques.

Jerusalem did it before it was cool

L’argument est donc que Gélase Ier 1) a interdit les Lupercales et 2) leur a substitué la Chandeleur/la Saint-Valentin.

Nous avons vu que la première partie de l’argument est ténue en ce que Gélase ne semble pas avoir eu l’autorité de l’interdire, et faisait plutôt un réquisitoire contre, en tentant d’accabler les nobles chrétiens qui soutenaient le rituel. On cite comme argument que la Fête est citée par le Sacramentarium Gelasianum , un des plus vieux corpus liturgique qu’on a plutôt établi pendant la période franque et lié seulement de nom à Gélase.

In none of its old manuscripts does the book bear the name of Gelasius but is simply called Liber sacramentorum Romanae ecclesiae (« Book of Sacraments of the Church of Rome »). However, an old tradition linked the book to Pope Gelasius I, apparently based on Walafrid Strabo‘s ascription of what is evidently this book to the 5th-century pope. The sacramentary was compiled near Paris around 750, and it contains a mixture of Gallican and Roman elements [1]. The dating of the liturgical contents are not based on characteristics of the surviving manuscript itself (ca 750): most of its liturgy reflects the mix of Roman and Gallican practice inherited from the Merovingian church. In 785-6 the reforms of Pope Gregory I, Gregory the Great, were supplied to Charlemagne by Pope Hadrian I. The spurious ascription to Gelasius gave an added authority to the contents, which are an important document of pre-Gregorian liturgy.

Quant à la deuxième partie, esquissée par Green, on peut y opposer c’est que la fête était plus ancienne que cela, et ne concorde avec le 14 février qu’en Orient, où la célébration de la naissance de Jésus se faisait au 6 janvier :

Ainsi, Wikipedia nous dit déjà 

The Feast of the Presentation is among the most ancient feasts of the Church. There are sermons on the Feast by the bishops Methodius of Patara († 312), Cyril of Jerusalem († 360), Gregory the Theologian († 389), Amphilochius of Iconium († 394), Gregory of Nyssa († 400), and John Chrysostom († 407).

On trouve (relativement) facilement ces sermons sur internet. Les ayant ajouté en liens à l’article Wikipedia, je vous les remets ici.

  1. Methodius de Patara (d’Olympe ?)(† 312), De Simone et Anna quo die Dominico in templo occurrerunt ac de sancta Deipara, in Patrologiæ Græcæ vol. 18, pp. 347-381. Available here on Google Books.
  2. (apocryphe) Cyrille de Jérusalem († 360), Homilia de Occursu Domini in Patrologiæ Græcæ vol. 33, pp.1183-1204 available here on archive.org and here on Google Books in latin and greek.
  3. Amphilochius d’Iconium  († 394), De occursu Christi, et de Deipara, Anna et Simoeae, in Patrologiæ Græcæ vol. 39, pp. 43-60 available here in latin and greek on Google Books.
  4. pseudo-Grégoire de Nyssa (probablement apocryphe), De Occursu Domini, de deipara Virgine et de justo Simeone, in Patrologiæ Græcæ vol. 46 pp. 1152-1182. available here in latin and greek on Google Books
  5. Saint Jean Chrysostome († 407), Monitum – Ad Homiliam in Occursum Christi, De Occursu D. N. Jesu Christ deque depipara et symeone oratio in Patrologiæ Græcæ vol. 50, pp.807-811. Available here on Google Books
  6. (J’ai abandonné ma recherche de celui de Grégoire le Théologien)

En français, j’ai dégotté celui de Cyrille de Jérusalem, [trad. A. Faivre, pp. 447- 460, archive.org] Patriarche de ladite ville. L’introduction mentionne qu’on a pu l’attribuer à Cyrille d’Alexandrie (376-444) ce qui change bien peu pour notre argument, mais Faivre mentionne qu’il s’agit plus probablement d’un auteur méconnu vivant à la fin du Ve ou au début du VIe à Jérusalem, sous le Patriarcat d’Elias I ou Salustius, donc apocryphe, mais toujours assez probablement avant ou simultanément au pontificat de Gélase Ier. En outre, Methodius est une source apparemment fiable (si un philologue peut me coacher) ET qui s’ajoute à une preuve encore plus ancienne : le pèlerinage d’Egeria :

The earliest reference to specific liturgical rites surrounding the feast are by the intrepid nun Egeria, during her pilgrimage to the Holy Land (381–384). She reported that 14 February was a day solemnly kept in Jerusalem with a procession to Constantine I‘s Basilica of the Resurrection, with a homily preached on Luke 2:22 (which makes the occasion perfectly clear), and a Divine Liturgy. This so-called Itinerarium Peregrinatio (« Pilgrimage Itinerary ») of Egeria does not, however, offer a specific name for the Feast. The date of 14 February indicates that in Jerusalem at that time, Christ’s birth was celebrated on 6 January, Epiphany. Egeria writes for her beloved fellow nuns at home:

XXVI. « The fortieth day after the Epiphany is undoubtedly celebrated here with the very highest honor, for on that day there is a procession, in which all take part, in the Anastasis, and all things are done in their order with the greatest joy, just as at Easter. All the priests, and after them the bishop, preach, always taking for their subject that part of the Gospel where Joseph and Mary brought the Lord into the Temple on the fortieth day, and Symeon and Anna the prophetess, the daughter of Phanuel, saw him, treating of the words which they spake when they saw the Lord, and of that offering which his parents made. And when everything that is customary has been done in order, the sacrament is celebrated, and the dismissal takes place. »

Trouvez ici le texte entier de son pèlerinage. On sait donc que dès la fin du IVème siècle, la célébration de la Présentation au Temple a lieu quarante jours après celle de la naissance et ceci en Orient, à Jérusalem, où on ne célèbre PAS les Lupercales. En outre, même si un suppose un renforcement et une transmission de la tradition par Gélase, la fête n’est pas immédiatement un grand succès en occident. Elle semble avoir pris importance hors de Jérusalem suite à une décision de Justinien après la peste de 541, et ce premièrement en Orient. Ce n’est pas la lettre de Gélase qui fut déterminante mais bien l’expansion progressive de cette pratique en Occident, jusqu’à Bède, qui peut ensuite l’interpréter comme il le fit car entretemps l’Eglise a proclamé sa politique du coucou.

Et je ne parle même pas du lien avec Brigit, la déesse Irlandaise. Certes Brigid fut associée à Saint-Brigitte en Irlande, la belle affaire. Mais en 383 à Jérusalem, à 4000km de là et avant même que que Saint Patrick (~390-481) ne soit né, et encore moins ne tente d’évangéliser l’Irlande on fêtait déjà très probablement la Présentation de Jésus au temple.

En outre, je ne peux m’empêcher de pointer contre l’hypothèse de la festa candelorum romaine ces passages du faux Cyrille (autour de l’an 500 donc) :

Filles de Jérusalem, allumez vos lampes (Matth. XXV, 6) faites-les briller d’un feu vif et pur, accourez au-devant de lui. Ornez vos âmes de leurs plus beaux vêtements, en l’honneur de ce divin époux. III. Avec Sion allumons nos flambeaux, nous peuples des nations, accourons tous, entrons tous ensemble dans le temple avec celui qui est en même temps Dieu et Christ. […] Préparons nos lampes spirituelles, pour qu’elles répandent autour de nous une pure et éclatante lumière; allumons nos flambeaux et comme des enfants de la lumière (Joh. XIII, 46) allons au devant du Christ qui est la vraie lumière, puisqu’il a apparu dans le monde pour éclairer les nations […] C’est pourquoi étant nous-mêmes lumières de la lumière, répandons autour de nous un éclat plus vif que le saphir, plus pur que la neige; prenons notre essor vers le ciel […] (pp. 451-9 de la traduction Faivre citée ci-dessus)

Cette invocation de cierges serait une des raisons de la rejeter, en effet, les cierges à la fête de la Purification n’auraient été introduits qu’autour de 451 avec le concile de Chalcédoine sous l’empereur Marcien (ibid., p.461). Cependant, 451 c’est toujours près d’un demi-siècle avant l’apostolat de Gélase.

Les origines païennes n’ont-elles pas perdu de leur pouvoir explicatif quand on voit cela ?

 

Sur la Saint-Valentin

Les Lupercales sont difficilement liées à la présentation du temple. Par contre Saint-Valentin officia à Rome à une époque où il y avait encore des Lupercales fonctionnelles. Ca ne veut pas dire que la fête de la Saint-Valentin avait lieu simultanément, mais c’est déjà un début de lien.

Que dit notre fidèle Wikipedia ?

À l’origine une coutume païenne, cette fête a finalement été assimilée par l’Église catholique romaine par la désignation de saint Valentin comme saint patron des amoureux

Tu ne nous déçois jamais, Wikipedia.

La première source citée n’est plus accessible, mais une archive nous révèle le contenu.

Deux siècles après sa mort, en Europe chrétienne, subsistaient toujours certains rites païens, dont la fête des Lupercales qui avait lieu le 15 février. Cette fête, liée aux origines de Rome, était l’occasion de célébrer des rites de fécondité, dont le plus marquant était la course des Luperques au cours de laquelle des hommes à moitié nus poursuivaient les femmes et les frappaient avec des lanières de peau de bouc. Les coups de lanière reçus devaient assurer aux femmes d’être fécondes et d’avoir une grossesse heureuse. A défaut de détruire complètement cette fête, l’Église la christianisa en l’associant à Saint Valentin devenu ainsi le protecteur des couples. Il fallut attendre encore 1496 pour que Saint Valentin devienne officiellement saint Patron des Amoureux, sur ordre du pape Alexandre VI.

Il faudrait savoir, les coucous ! Est-ce que Gésale a aboli ces pratiques (déja moribondes et qu’il n’a pas abolies) en 495 ou est-ce qu’elles se sont perpétuées jusqu’au XIVe siècle ?

Quelle est l’histoire de Saint Valentin ? Regardons Wikipdia.

A popularly ascribed hagiographical identity appears in the Nuremberg Chronicle (1493). Alongside a woodcut portrait of Valentine, the text states that he was a Roman priest martyred during the reign of Claudius II, known as Claudius Gothicus. He was arrested and imprisoned upon being caught marrying Christian couples and otherwise aiding Christians who were at the time being persecuted by Claudius in Rome. Helping Christians at this time was considered a crime. Claudius took a liking to this prisoner. However, when Valentinus tried to convert the Emperor, he was condemned to death. He was beaten with clubs and stones; when that failed to kill him, he was beheaded outside the Flaminian Gate. Various dates are given for the martyrdom or martyrdoms: 269, 270, or 273.[23]

Fouillons un peu ! L’article français évoque trois Valentins à l’origine de la fête, mais n’en énumère que deux, Valentin de Rome et Valentin de Terni. Or, les deux pages sont équivalentes sur Wikipédia.

The name Valentinus does not occur in the earliest list of Roman martyrs, compiled by the Chronographer of 354.[10] But it is found in the Martyrologium Hieronymianum,[11] which was compiled, from earlier local sources, between 460 and 544. The feast of St. Valentine of February 14 was first established in 496 by Pope Gelasius I, who included Valentine among all those « … whose names are justly reverenced among men, but whose acts are known only to God. » As Gelasius implies, nothing was then known about his life.

Si Gelasius ne connaissait rien de sa vie, pourquoi l’aurait-il fait patron des Amoureux ? S’il devait foutre un saint tête de Gondole pour voler les Lupercales, n’aurait-il pas mieux valu un qui avait une histoire plus emblématique ? Ca cadre pas vraiment avec les coucous surtout si c’est pour que la fête ressurgisse au XIVe siècle :

Ce fut Othon de Grandson, lors de la deuxième moitié du XIVe siècle, poète et capitaine vaudois à la cour d’Angleterre, qui fit connaître cette coutume dans le monde latin, notamment à la cour de Savoie : trente pour cent de sa poésie est dédiée à cette tradition. Citons par exemple La Complainte de Saint Valentin (I et II), La Complaincte amoureuse de Sainct Valentin Gransson, Le Souhait de Saint Valentin et Le Songe Saint Valentin.
Au début du XVe siècle, Charles d’Orléans fit connaître l’œuvre d’Othon à la cour de France. Il écrivit lui-même plusieurs poèmes dédiés à la Saint-Valentin.

En outre Wikipedia note (note 22) :

Under the circumstances, the Emperor Claudius was a detail meant to enhance verisimilitude. Attempts to identify him with the only third-century Claudius, Claudius Gothicus, who spent his brief reign (268–270) away from Rome winning his cognomen, are illusions in pursuit of a literary phantom: « No evidence outside several late saints’ legends suggests that Claudius II reversed the policy of toleration established by the policy of his predecessor Gallienus« , Jack Oruch states, in « St. Valentine, Chaucer, and Spring in February », Speculum 56.3 (July 1981),p 536, referencing William H. C. Frend, Martyrdom and Persecution in the Early Church (New York, 1967, p 326.

Il suffit. Cet article est déjà suffisamment long, donc je ne vais pas refaire la généalogie de tout ça. Devant les quelques preuves qui montrent que Valentin était sans histoire et sans visage au moment de Gélase Ier, je conclus, sceptique qu’assigner à Valentin le rôle d’un patron des amoureux semble une pratique fondamentalement tardive, après la construction de l’amour en Europe durant le Moyen-Âge. Et comme avec la pratique du Sapin de Noël, les gens inventent une histoire par après pour la justifier, dans ce perpétuel bricolage.

Néanmoins ces fanfictions hagiographiques ne démontrent en rien que cette fête a été volée au Lupercales.

 

Murder on the pagan express

Je crois que s’il faut retenir quelque chose de tout ça c’est une bonne dose de prudence.

Quand on se demande « A qui profite le crime ? » la réponse est parfois « tout le monde ». Les systèmes iniques ne se maintiennent qu’en distribuant des avantages en partage à tous. Le narratif « Le christianisme est païen » profite en effet :

  • Aux laïcards, qui peuvent désormais réclamer les fêtes chrétiennes et se les approprier, puisqu’elles n’étaient pas chrétiennes à l’origine. J’inclus là le gouvernement français qui veut continuer à mettre un sapin de 15m devant l’Elysée, mais des crèches par contre, oulah non.
  • Aux athées, parce qu’ils peuvent dire que les chrétiens sont des cons crédules en même temps qu’ils peuvent avoir l’air intelligent (qui n’aime pas ça ?) et fêter tout de même la Noël du bout des doigts, rassurés qu’ils sont de cette sagesse nouvelle ancestrale.
  • Aux chrétiens progressistes, qui peuvent ainsi montrer leur ouverture d’esprit. Oui, bien sûr que je me rends compte que le récit Biblique du Déluge ressemble à un texte sumérien, bien sûr que je connais les emprunts faits aux païens… J’inclus là les adeptes du « au fond toutes les religions c’est un peu la même chose on croit tous au même Dieu » etc.
  • Aux chrétiens fondamentalistes, qui peuvent du coup, à l’instar des protestants de la Renaissance, expulser les éléments pas assez théologiques du christianisme. Des traditions perpétuées depuis longtemps sont classées comme « non-chrétiennes » puisque pas assez liée à Jésus, et permet donc de réaffirmer leur identité par rapport au mainstream.
  • Aux néo-païens, qui leur permet de prétendre que tout vient d’eux et que leurs pratiques valent mieux que les autres puisqu’elles sont perpétuées depuis 10’000 ans.
  • Et même aux musulmans qui peuvent montrer à quel point les chrétiens sont impurs. (E.g. 1, 2)

Et je crois que c’est cette conjonction d’intérêts discordants qui garantit le succès prolongé de ces histoires, indépendamment des preuves apportées. On ne trouvera pas un seul coupable, parce que tout le monde y trouve son compte.

 

Textes cités

Si vous avez des articles spécialisés plus accessibles ou récents, je veux bien, mais une part de la raison d’être de ces articles, c’est la difficulté à accéder à ce type d’informations, je m’attache à lier des livres accessibles librement sur internet, tributaire en cela de Google Books, Gallica, Remacle, archive.org, le Projet Guttenberg et tant d’autres. C’est facile de dire « tout cela est démontré dans cet article de cette revue qui coûte 39$ en ligne », je trouve un peu plus intéressant premièrement de citer des choses accessibles et deuxièmement, en montrant des vieux textes de montrer la généalogie de nos conceptions, quand on voit l’absence d’esprit critique qui sévit jusque sur Wikipédia. Ainsi Miles résume énormément de survivances encore invoquées aujourd’hui et ce il y a 102 ans.

Les articles peu ou pas accessibles sont biffés, la liste n’est pas encore complétée parce que la flemme.

Et la chanson de Journey – Wheel in the Sky (youtube)

24/12/2014

ou The War on Christmas

 

Be very, very careful what you put into that head, because you will never, ever get it out.

Attribuée à Thomas Wosley

 

 

 

 

 

Dans mon précédent article, « Donnez-nous notre païen quotidien » j’ai examiné avec scepticisme l’historiette visant à donner une origine païenne au sapin de Noël.

Cet article sera dans la même optique. Certaines personnes présentent des choses comme évidentes. Armé de Google et d’un peu de temps, je tente de trouver le fondement de leurs allégations sans avoir du tout la prétention de connaître mieux qu’eux le sujet, au contraire, j’inviterais tout le monde à la plus grande prudence tant notre savoir sur ces matières est maigre.

On avait abordé la fête de Yule brièvement, pour dire la difficulté à trouver des sources dessus hormis des sites païens. Les néo-païens essaient en effet de se légitimer en prétendant que sous pratiquement toute fête chrétienne on trouverait des pratiques païennes de même façon que les nationalistes hindous détruisent des mosquées en prétendant qu’il y a des temples de Rama dessous.

Mais il n’y a pas que le Sapin qu’on dit païen, à PEU PRÈS TOUT est dit païen. C’en est tragique.

Même faire du feu.

Ainsi un article Wikipédia parle de la tradition de la Yule’s Log une grande bûche à laquelle on mettrait cérémonieusement le feu lors de la plus longue nuit.

The Yule log has been said to have its origins in the historical Germanic paganism which was practiced across Northern Europe prior to Christianization. One of the first people to suggest this was the English historian Henry Bourne, who, writing in the 1720s, described the practice occurring in the Tyne valley. Bourne theorised that the practice derives from customs in 6th to 7th century Anglo-Saxon paganism.

Robert Chambers, in his 1864 work, Book of Days notes that « two popular observances belonging to Christmas are more especially derived from the worship of our pagan ancestors—the hanging up of the mistletoe and the burning of the Yule log. » James George Frazer in his work on anthropology,The Golden Bough (p. 736) holds that « the ancient fire-festival of the winter solstice appears to survive » in the Yule log custom. Frazer records traditions from England, France, among the South Slavs, in Central Germany (Meiningen) and western Switzerland (the Bernese Jura).

However, some historians have disagreed with this claim, for instance the Swedish folklorist Carl Wilhelm von Sydow (sv) attacked Frazer’s theories, claiming that the Yule log had never had any religious significance, and was instead simply a festive decoration with practical uses.

Le fait de faire cramer une grosse bûche en hiver. Quand il fait froid. Je ne crois pas que les Celtes ou les Germains auraient un copyright sur le fait d’avoir froid. Si vous expliquez que des chrétiens des XVIIe et XVIIIe siècles ont piqué l’idée de faire brûler du bois pour se chauffer à des Anglo-Saxons vous êtes juste à la masse.

Pas de bougies-bougies avant de faire vos prières du soir

Pire, le fait d’allumer des bougies, quand les nuits sont plus longues.

J’avais déjà cité le déplorable lien établi par cet article, toujours sans source, entre Yule et la couronne de l’Avent :

La fête s’observe en commémorant la mort du « Holly King » (Roi de houx) qui meurt tué par son successeur le « Oak King » (Roi de chêne). Ce sont tous deux des dieux-arbres. On retrouve aujourd’hui à Noël les couronnes de gui, une idée reprise par le christianisme. Il existait la couronne horizontale, d’origine scandinave ou germanique, qui portait 4 bougies. Chaque dimanche il était coutume d’allumer une nouvelle bougie, ce qui symbolisait la renaissance de la lumière. Rouge le plus souvent, les couleurs des bougies variaient cependant selon les régions. Les symboles de Noël sont inspirés de cette fête (sapins, gui, houx et cadeaux…).

On trouvera donc souvent le lien fait avec cela à mon avis pour deux raisons. Premièrement l’usage de végétaux est perçu comme païen à cause du lien fort avec la nature qu’on leur imagine ; deuxièmement, l’allumage de bougie fait très « folklorique ».

Bref, l’image du Celte qui va allumer des bougies vers son arbre sacré nous pousse à faire un lien avec la couronne de l’Avent.

Un post wiccan sur Tumblr dit que l’origine en serait wiccan, ce qui est étrange, les néo-païens affirmant d’habitude que les trucs qu’ils font sont d’origine païenne, pas néo-païenne, mais peut-être s’agit-il simplement dire que les anciens païens étaient Wiccans ?

tumblr_ngwadmQQrk1to0vxao1_500

(suite…)

05/12/2014

On lit souvent des trucs du genre « Noël c’est païen », ce qui est déjà douteux comme proposition, mais qui tend à le devenir encore plus quand on la précise. Par exemple : le sapin de Noël serait hérité d’une coutume païenne. Voici un million de tweets qui l’affirment.

Les gens ne citent que très rarement leurs sources là-dessus, bien sûr, tout le monde estimant que ce lieu commun n’est plus à prouver : tout le monde sait que les chrétiens ont tout piqué aux païens. La version extrême de ces thèses voudrait que Jésus ne soit qu’un avatar d’une série de dieux tués et ressucités (Dionysos, Osiris, Mithra) et donc, plutôt qu’un Galiléen mythifié, il s’agirait d’un mythe ancestral ancré dans la Palestine du premier siècle. Tout cela est, sinon faux (difficile de parler avec certitude d’origines si lointaines), diablement peu rigoureux.

Mais tout le monde a l’air d’accord ! On vit à l’âge de l’information ! Les sources doivent donc en être facilement accessible, non ?

Non.

(suite…)